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Review : Norsacce 667 // Marathon

Updated: Mar 20



Le 25 février dernier, Norsacce a dévoilé Marathon, son quatrième projet solo en date. Le rappeur issu du collectif 667 ayant, au fil des années, déjà fait ses preuves auprès d’un noyau d’auditeurs plus avertis, cet album représente un moment potentiellement charnière dans la carrière de l’artiste - il nous parvient en effet à un moment propice à l’élargissement du public de ce dernier.


Afin de pleinement saisir qui est Norsacce et de mieux appréhender Marathon, un rapide retour sur le parcours du rappeur s’impose. Au même titre que les autres membres du Mangemort Squad, Norsacce s’essaie au rap pour la première fois lors de ses années de lycée passées à Dakar. Il sortira son premier projet De Dakar à DLB en 2011, en référence à Deuil-la-Barre dans le 95, où le rappeur s’établit à cette époque. Cette mixtape est toutefois introuvable sur les plateformes de téléchargement aujourd’hui, et il faudra attendre 2014 pour retrouver Norsacce sur un projet, avec la sortie de la compilation 66.7 Radio aux côtés du collectif dont il est officiellement devenu membre en 2011. Cette même époque verra également l’apparition de plusieurs morceaux sur le Soundcloud du rappeur, où ce dernier se distingue grâce à son flow tantôt énergique et tantôt plus planant, conservant cette atmosphère sombre caractéristique des premières années d’activité du 667. On retrouve dès les prémices du parcours de l’artiste un rap empreint d’ambition et revendicateur d’une volonté de rester vrai et fidèle à lui-même, en accord avec le discours prôné par l’ensemble des membres de la secte - les lyrics de Norsacce placent d’ailleurs la cohésion du collectif au centre de l’art de ce dernier, rappelant à quel point la mentalité unissant les artistes qui composent la nébuleuse qu’est la LDO va au-delà de la musique.


667 n**** on arrive, invasion de mangemorts sur Paris - Panique

Objectif n**** étaler nos richesses sur des décennies entières - Cantine

Je pactiserais pas même pour milliard - Pharmacie freestyle


Norsacce apparaitra ensuite en 2015 sur le projet F.F.O (comprendre False Flag Operation) aux côtés d’Osirus Jack et Freeze Corleone, qui forment le trio CFR (pour Council on Foreign Relations). Ces deux acronymes - renvoyant respectivement à une opération militaire menée en arborant les marques de reconnaissance de l’ennemi et à un think-tank américain ayant pour objectif d’analyser la politique étrangère des USA ainsi que, plus généralement, le contexte politique à une échelle globale - annoncent la teneur du projet, emblématique de l’intérêt que portent les membres du collectif aux théories du complot en tout genre. Ici, la sombreur des atmosphères est frappante, plongeant ainsi l’auditeur dans l’univers glaçant et austère des rappeurs, dont le goût pour la provocation et les drogues est explicite.



2017 marquera ensuite le début de la trilogie aujourd’hui clôturée par Marathon avec la sortie de la mixtape Neon****. Ce projet est avant tout représentatif de la versatilité du rappeur- on y retrouve des atmosphères variées, l’artiste alternant entre des flows à la technicité exemplaire et un usage de l’autotune permettant des passages plus mélodiques voire chantés. À cet effet, on remarque un fort contraste entre des morceaux à l’image d’ Accident exécuté aux côtés de Doc OVG, dont le flow cru et agressif est combiné avec le débit cadencé de ‘Sacce, et des tracks comme Diamants Saphirs ou encore Jmsn en featuring avec Roze (anciennement Odeuxzero), nettement plus aériens.


Notre artiste enchainera le onze septembre 2018 avec RAR. . Si Neon**** mettait en avant la capacité du rappeur à s’adapter à une large palette d’ambiances, ce projet ci est considérablement plus homogène, et les flows mélodieux y sont privilégiés. Dans cet esprit, on retient entre autres Dans la Trap , 667 Ville ou encore Cashmulah en featuring avec Slim C et Doc OVG, où l’artiste se montre réellement convaincant dans sa maitrise du chant et de l’autotune. Norsacce n’oublie toutefois pas son affinité pour les flows précis et brutaux, et inclut ainsi des tracks comme Pickpocket ou Money d’échange sur fond d’instrumentales nettement plus énergiques.



Bien que le premier morceau dévoilé suite à RAR., un banger léger intitulé Dans la tête, s’inscrit dans la continuité de la tape, les sons qui suivront seront marqués par des flows sensiblement plus tranchants. La transition s’opère avec 5G, où Norsacce glisse sur la production signée Flem avec une aisance déconcertante. Cette impression de facilité lorsqu’il s’agit de livrer des débits fluides et cadencés se fera d’ailleurs ressentir sur l’ensemble des morceaux sortis durant cette période : on l’observe sur Karma aux côtés du londonien Double Cup Kase, mais surtout sur Silex Freestyle, où le rappeur navigue adroitement sur une production aux accents drill.




Cette nouvelle affinité pour un genre qui, rappelons-le, monte en exposition de manière exponentielle durant cette période, permettra de grandement augmenter le potentiel de Norsacce à étendre son influence à un public plus large. C’est là un des espoirs placés en l’artiste avec la sortie de Marathon : fort de ses nombreuses années passées à parfaire son art derrière le micro, dévoiler ce projet pourrait hisser le dakarois vers un nouveau statut où, on l’espère, son talent serait reconnu à plus grande échelle. L’idée que Marathon marque un tournant dans la discographie du rappeur est d’ailleurs portée par le fait que cet album clôture la trilogie NRM, acronyme formé par la première lettre de chacun des trois derniers projets de Norsacce qui donne Nouveau Rap Mondial, gimmick phare du 667 emprunté au Roi Heenok.


L'album s'ouvre sur Intro marathon, qui nous immerge directement dans l’ambiance sombre et menaçante qui rythme le projet. Les ambitions propres à l’artiste évoquées ici sont appuyées par l’agressivité de son flow saccadé, sa fluidité impressionnante et une exécution brute et chirurgicale. On y retrouve le gimmick « Marathon ça fait combien d’temps qu’j’le run » qu’on avait également pu entendre sur le single Gospel Brolik, et qui vient soutenir la symbolique de cet ultime volet de la trilogie NRM venue hisser Norsacce aux sommets de son art.

Le rappeur y multiplie les assonances tout en livrant un egotrip étayé par des images fortes, que ce soit à travers ses comparaisons ou ses métaphores, empruntant fréquemment des références à des thèmes appréciés de l’artiste : le football, le rap, la politique...


J’ai braqué la peur et j’ai tué le doute

J'suis Anthony, mais Martial pas Réveillère, donc j'te laisse deviner d'qui j'ai rêvé hier


Le rappeur enchaîne directement avec Gucci 2 fois, dont un court extrait avait été dévoilé au moment de l'annonce de la cover du projet. On y retrouve une ambiance plus aérienne notamment à travers un débit nonchalant et un effet de résonance porté par la voix vibrante du rappeur, couplée à des backs plus mélodiques. Ici, l'accent est mis sur la légitimité dont jouit l'artiste dans la sphère rap, résultat de plus d'une décennie de travail acharné derrière le micro.


Gros c'est fait, douze ans de rap, ont reçu de grosses fessées / Ah gros, premier membre de la Secte, 2011 qui dit mieux ?

OG dans cette merde comme Gucci 2 fois

Le troisième track, Switch, est une nouvelle collaboration avec Double Cup Kase. Comme sur Karma, l’alchimie entre les deux artistes est apparente, et ce malgré le fait qu’ils ne kickent pas dans la même langue. Les rappeurs se livrent ici à un passe-passe réellement addictif qui donne au morceau un rythme effréné sur les couplets, contrebalancé ensuite par le refrain où les rappeurs étirent leurs phrases pour un débit plus lent. Cela permet par la même occasion de laisser respirer la production dans une certaine mesure, qui se démarque grâce à ses basses puissantes.


Sur Goretex, Norsacce s’illustre une nouvelle fois sur une production typiquement drill UK, un registre déjà bien exploité par l’artiste sur ses morceaux récents, et dont il tire parfaitement profit à travers sa présence et son exécution agressive, ainsi que ses images très visuelles.

Norsacce continue de revendiquer fièrement l’entourage avec lequel il a fait ses armes dans la musique, et continue d’insister sur leur supériorité. Cela fait maintenant presque 10 ans que le collectif sévit sur les plateformes, et au travers de leurs multiples projets, les différents membres ont prouvé à multiples reprises leur facilité à se réapproprier divers registres à leur sauce sans perdre en efficacité, que ce soit sur des productions caractéristiques d’Atlanta, Houston, Memphis, ou sur des prods Drill comme plus récemment.



Dévoilé dans les semaines qui ont suivi la sortie de 4 saisons, Headshot se démarque dès le départ comme un banger énergique bien représentatif de l’énergie reflétée par le projet à travers son esthétique affirmée et sa symbolique forte. En effet, c'est ici un véritable exercice de dextérité auquel se livre le rappeur, soulignant ainsi son ambition de livrer un projet réellement marquant d'un point de vue de maîtrise technique.


Drill (drill, drill), j'aime trop cette merde, merde qui fait trembler les vitres


Le dakarois enchaîne ensuite avec Gospel Brolik, qui suit la direction empruntée par l’intro en termes d'intensité. ´Sacce démontre une facilité effrayante à varier ses placements tout en conservant une certaine bestialité dans le flow et l’exécution, livrant un morceau brut et incisif articulé par une production sévère et glaciale tout en étant relativement planante. Ashe delivre un couplet précis et brutal, et son ton de voix grave se mêle judicieusement à l’agressivité des basses qui rythment la production signée Congo Bill.

Les deux rappeurs revendiquent fièrement leurs collectifs respectifs, et démontrent une nouvelle fois leur facilité dans l’egotrip. Cette collaboration n’a rien d’étonnant dans la mesure où les deux collectifs dont sont issus Ashe22 et Norsacce ont multiplié les collaborations ces dernières années, que ce soit sur Travail d’Ekip, 669, ou bien d’autres morceaux depuis les premières compilations du 667.


Le projet se poursuit avec Lucky Strike, où l’on retrouve une fois de plus les placements millimétrés et le flow saccadé qui caractérisent l’artiste. Ce dernier insiste ici sur le mérite et le succès de son collectif et se montre intransigeant vis à vis de sa concurrence, dont il souligne les défaillances, que ce soit dans les principes ou l’attitude. Ce sentiment de mise à distance est d’ailleurs renforcé par un égotrip acerbe, servi par la voix résonnante du rappeur sur l’ensemble du track. Le refrain livré ici se distingue également grâce à la clarté de la delivery et la répétition de certaines phases, rentrant ainsi immédiatement en tête.


Tu veux l'doigt et la bague (uh), tu veux l'doigt et la bague, t'auras l'bras et la batte (squa')

Mes n**** ont pop, j'l'avais prédit (drrr'), sans fétiches, n****, sans talisman

J'aime ap, l'opportunisme, pas un mouton, j'fais que leader fort

On retrouve ensuite un des morceaux les plus attendu du projet, Ebola en featuring avec Captain Roshi. Une collaboration entre les deux artistes avait en effet été teasée par le biais des réseaux sociaux il y a quelques mois, suscitant un intérêt marqué chez le public. Les deux rappeurs enchaînent les fulgurances dans leur couplets respectifs, rappelant à quel point ces derniers excellent dans le domaine du pliage de prod. Pour rappel, Captain Roshi avait dévoilé en fin d'année dernière le très efficace Attaque II, représentatif de l'énergie véhiculée par la musique de ce dernier. On retient également ici la production de Congo Bill, dont le caractère menaçant se marie parfaitement à l'execution des rappeurs.


Si le son suivant, Legolas, est doté d'une production à BPM rapide quelque peu plus légère, le rappeur y conserve son flow énergique et précis, rendant parfaitement légitime le parallèle tracé entre Norsacce et l'archer sans faille qui donne son nom au morceau. Le rappeur rappelle ici ce qui le distingue de sa concurrence, creusant réellement l'écart grâce à un texte parsemé d'images.


À la prod 2K, j'loupe pas d'cibles, gr*-n* que j'vise le cadre (grah)

J'ai vu leur âme (hein), prêts à la vente / On m'appelle l'huissier n**** car j'mets touts ces n***** à l'amende (sku, sku)

Le dixième track, 4 Saisons, avait déclenché un réel engouement pour Marathon à sa sortie en juin dernier. Premier extrait du projet, ce passe passe entre Freeze et Norsa démontre une nouvelle fois la facilité des deux artistes à découper la production, et vient rappeler l’alchimie entretenue par ces derniers.

Ils y multiplient les références à des thématiques fidèles à leur écriture afin d’appuyer leur egotrip venu réaffirmer leur supériorité dans la scène rap actuelle. Ils y évoquent l’intégrité propre au collectif et ses différents membres, tout en s’estimant « incontournables comme les 4 saisons », une certitude tant ils excellent dans leur registre.



Drill Kainf détonne légèrement par rapport aux autres productions drill du projet à travers sa rythmique empreinte de sonorités très présentes dans la culture musicale africaine, ainsi que pour les voix féminines pitchées en fond qui appuient le côté envoûtant de la production.

En outre, le morceau s’inscrit dans la continuité de la volonté de Norsacce de mettre l’Afrique au centre de son art.


On retrouve en douzième position sur la tracklist le morceau qui était sans doute le plus attendu du projet: Secte part. 3 aux côtés d'Osirus Jack. En effet, les auditeurs les plus au courant de la discographie du 667 ont pu reconnaître dans un court extrait partagé en story un son s'inscrivant dans la continuité des deux Secte Freestyle de 2016. Pour une durée de plus de six minutes au total, on avait avec la première partie des flows nonchalants (voire murmurés pour Norsacce) formant un passe passe d'anthologie, puis un débit rapide sur fond d'une production au rythme frénétique pour la seconde, les deux artistes combinant dans les deux cas égotrip railleur, images saisissantes et wordplay ingénieux.

Si la terminologie "freestyle" n'apparait plus sur l'album, c'est parce que le son ici présent n'a rien d'une improvisation. En effet, on a là un track parfaitement représentatif de la montée en puissance des deux membres de la secte depuis leurs débuts à Dakar. L'alchimie entretenue par ces derniers apparait d'ailleurs comme une évidence, et résulte de la décennie passée à aiguiser leurs flows côte à côte. Les parties respectives de 'Sacce et Loto sont ici complémentaires, le premier heurtant la prod de plein fouet avec son execution agressive, et le second préférant s'élever au dessus de l'instrumentale avec un débit et une voix d'une nonchalance glaçante. On à la un track d'une efficacité bluffante, dont émane une atmosphère profondément froide et sombre notamment à travers les violons résonnants en fond. C'est également l'occasion pour les rappeurs d'expliciter une fois de plus leur mentalité, et plus généralement certains des principes qui rassemblent les différents membres de leur collectif- on note entre autres une mise à distance du reste de la scène rap allant de concert avec la volonté de parvenir à leurs objectifs selon leurs propres termes et la valorisation d'un travail sans relâche, sans compter un rejet violent des fakes qui mettent de côté leurs valeurs pour réussir. On retient également la delivery d'Osirus Jack, qui scande ici ses lyrics avec un sang-froid qui confère à son propos la faculté d'apparaitre comme une certitude quasiment inébranlable. À cela s'ajoute un égotrip toujours plus acerbe, et ce morceau se distingue sans surprise comme un des plus addictifs de Marathon.


Retourne ta bitch et des prods, ma conne, pas nos vestes

Et y aura pas de médaille sans revers, j'veux pas d'une part de ton vilain gâteau, j'ai ma recette pour le faire

J'ai l'écusson d'la secte sur l'pull (sur l'pull), nique ta mère si t'as tatoué l'trois 6 sur l'cou

Pirates est ensuite porteur d’une symbolique particulière dans le sens où l’on y retrouve une pointure du rap français en feat : Aketo. Le cracheur de venin s’illustre sur une coproduction Flem/Congo Bill samplant « Du Rires aux larmes », un classique de Sniper, extrait de leur premier album du même nom, et qui confère donc dès le début une nostalgie particulière au morceau.

Par ailleurs, Aketo est originaire de Deuil-la-Barre, où Norsacce s’est également installé par le passé. Ce morceau est donc l’occasion idéale pour les deux artistes de représenter fièrement le 95.


"6-6-7 SNI, p’tite pichenette, geste technique/9-5 Gang c’est l’Brésil, j’reviens d’loin, baise l’ennemi"

Le projet parvient à son terme avec Wayans, une clôture planante et aérienne notamment à travers un refrain et des backs empreints de mélodie. Norsacce revient ici sur ses ambitions d'un ton plus mélancolique, et explicite une fois de plus son désir d'atteindre ses objectifs entouré des siens. En effet, ce dernier évolue aux côtés de la secte depuis son adolescence, et son désir de poursuivre son ascension avec les autres membres de la LDO est parfaitement représentatif de l'impression de famille qui se dégage du collectif. L'artiste utilise ici les Wayans à titre comparatif, famille américaine au grand succès dans le domaine de l'audio visuel. Le rappeur mentionne ici également son intégrité, et ce en dépit des déceptions qu'on a pu lui faire endurer.


Beaucoup de coups bas mais j'suis toujours resté loyal

J'voulais juste gouverner en famille comme les Wayans

De gauche à droite et de haut en bas: Ashe 22, Double Cup Kase, Captain Roshi, Freeze Corleone, Osirus Jack & Aketo

En conclusion, on a avec Marathon un album qui convainc sur une multitude de points. Tout d'abord, le projet se distingue en étant extrêmement bien construit: de manière générale, on prend conscience de la montée en puissance du rappeur du fait de l'extrême cohérence de l'album, chaque track y ayant sa place et les ambiances y étant non seulement parfaitement maitrisées, mais également harmonieusement incorporées au tout. Les choix d'invités contribuent eux aussi à ce ressenti- en effet, chaque featuring apparait comme judicieux et semble s'être ajouté à la tracklist de manière naturelle; on retrouve d'ailleurs ici l'entourage musical proche du rappeur en grande partie. De plus, Norsacce marque l'auditeur à travers la maîtrise dont il fait preuve au micro, et ce avec une constance surprenante- la technique est irréprochable que ce soit dans les placements, l'execution ou les flows. Un autre élément non négligeable sur Marathon est la qualité des productions, qui confèrent en partie au projet son caractère abouti. Il faut ici saluer l'effort de Congo Bill, producteur membre du 667 qui est responsable de la vaste majorité des instrumentales que l'on retrouve. Norsacce à d'ailleurs tenu à rappeler sur les réseaux sociaux que cet album était autant le sien que celui de Congo, rendant ainsi clair le rôle de ce dernier dans l'élaboration du projet.


Plus encore, on a là un album dont se dégage une symbolique forte, ce qui résulte dans une certaine mesure de la place qu'occupe ici la mentalité du 667. En effet, l'importance pour Norsacce de ces principes essentiels au collectif et de cette manière singulière de percevoir le reste de la scène rap sont martelés tout au long de Marathon. Ainsi, la volonté de réussir sans concessions et en restant fidèle à soi-même, inhérente aux sorties de la secte, permet au projet de se démarquer dans le contenu: bien que l'égotrip et la notion d'ambition soient omniprésents, un nombre de conditions sont posées, et pas tous les moyens ne sont bons pour parvenir à ses objectifs.


Enfin, ce projet marque le début d'un tout nouveau chapitre dans le parcours du rappeur, qui jusqu'ici avait évolué dans l'ombre. En clôturant la trilogie NRM, Norsacce parvient à un nouveau niveau en termes d'exposition de reconnaissance pour son talent, montrant que les années de travail acharné que l'artiste a derrière lui paient enfin. Cela a pu être observé à plusieurs reprises, d'abord avec la publication de l'introduction du projet en tant que freestyle Booska-P (rappelant par la même occasion que, plutôt que la proposition des artistes, c'est aux médias dits "mainstream" de se conformer) , ensuite avec le récent cap passé des cent mille auditeurs mensuels sur la plateforme Spotify, puis enfin avec le fait que Norsacce ait bénéficié d'un contrat de distribution pour sortir son projet. C'est là sans doute une des plus grandes étapes franchies par le rappeur avec le dévoilement de Marathon, que le public a par conséquent pu également acheter en physique. C'est donc un réel cap que passe l'artiste à travers cet album d'une efficacité redoutable, et qui, on l'espère, ouvrira la voie vers encore plus de d'accomplissements et de réussite.

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