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Review: JMK$ & Beamer // Magic City (EP)

Updated: Mar 20

Teasé depuis quelques temps sur les réseaux des deux artistes, JMK$ et Beamer ont dévoilé pour la Saint-Valentin leur EP commun "Magic City". Retour sur cette petite pépite concoctée par les deux membres du 8848 qui nous aura beaucoup marqué de par sa qualité, et son univers très passionnant.




2020 était déjà une très belle année pour les deux artistes : JMK$ avait dévoilé la mixtape Diry South en collaboration avec le producteur Jwel, éternel et fréquent collaborateur du rappeur marseillais. Beamer quant à lui sortait le 19 titres TSUBASA, où l'on retrouvait des artistes familiers comme 8ruki ou le Summum Klan (crew de Beamer, JMK$, Caspi et Juni Qwano).



Magic City s'annonçait donc presque comme la suite logique de ce qui était proposé par les deux jeunes cracks du klan, ou du moins l'annonce de sa sortie n'avait rien de bien surprenant tant les deux rappeurs sont proches de par leur collectif et ont déjà sorti plusieurs collaborations sur la chaîne du groupe.


Le projet peut déjà se targuer d'une excellente cover réalisée par Antonin Fantry (qui avait également fait celle du dernier projet d'A$AP Ant, où l'on retrouvait d'ailleurs JMK$). Colorée tout en restant sobre, elle est très fidèle à l'atmosphère de l'EP.


C'est Caspi (membre du Summum Klan on le rappelle) qui se charge d'introduire le projet à travers un speech en anglais, très surjoué invitant l'auditeur à rester attentif sur le crew cette année (on pense notamment à la tape commune entre 8ruki et JMK$ qui a été annoncée). Après ça, JMK$ débarque sur la prod sans le moindre complexe. ll est vrai qu'au vu de l'intro on aurait pu s'attendre à un morceau plus planant, mais parlemo' était bien décidé à découper la prod comme il le faut le jour du rec : son flow brut et précis s'allie parfaitement à la production de Lito & Oualds, bien terminée par Beamer qui débarque de manière beaucoup plus posée que son comparse. Les deux nous expliquent déjà qu'ils aspirent à un avenir beaucoup plus grand en ce qui concerne leur carrière :


J'veux l'envergure d'un paquebot, ce soir c'est Hennessy à l'eau - JMK$, Intro (introduced by Caspi)
La route est longue et glissante, j'suis au volant d'puis mes 10 ans - Beamer, Intro (introduced by Caspi)


Le second morceau, Porn$tar, est très certainement le morceau le plus "efficace" du projet et celui qui parlera au plus de monde. Les toplines diablement efficaces des deux artistes, qui proposent deux flows totalement différents l'un de l'autre, restent très vite en tête, une nouvelle fois sur une autre production de Lito & Oualds, toujours aussi qualitative.

Les deux s'adressent à une fille, qui leur fait tourner la tête, en multipliant les sous-entendus sexuels :


Bébé parle-moi si t'as le cœur à le faire J'ai trop tendance à me taire On peut le faire par terre - Beamer, Porn$tar
Je sais plus comment te combler, petit déjeuner, au dessert et puis à l’heure du goûter - JMK$, Porn$tar

Le morceau est intéressant également quand l'on remarque que Beamer et JMK$ varient leurs flows et leurs toplines, que ce soit entre les refrains et couplets mais également la manière d'en changer en plein milieu d'un couplet.


Ensemble est la suite on ne peut plus logique du morceau précédent, de par ses paroles très orientées vers les femmes et le sexe, son ambiance galactique presque psychédélique sur le pont de Beamer ne fait que renforcer le côté aérien du six titres. La qualité des toplines, la (très) bonne instru de Beamer...tant d'ingrédients mélangés qui nous régalent d'une recette qui ne pouvait être que réussie.






Si Magic City est (selon nous) aussi qualitatif, la qualité de ses productions n'y est clairement pas pour rien. Bien que le duo Lito & Oualds ait produit la quasi totalité des morceaux (pistes 1, 2, 5 et 6), on retrouve aussi Caspi à la prod de Candy Shop et Beamer sur celle de Ensemble. On entend des sonorités et percussions assez peu habituelles dans les morceaux actuels, on ressent la volonté d'avoir voulu créer un son un peu différent de d'habitude (on n'est pas sur les mêmes claps/snaps etc... qu'on nous a déjà servis à toutes les sauces possibles imaginables sur certains morceaux par exemple). Les intrus ne se ressemblent pas vraiment entre elles et ont au final assez peu de points communs lorsqu'on les écoutes, mais elles semblent malgré tout connectées entre elles comme si les six compositions étaient uniquement destinées à terminer dans cet EP. Les instruments et mélodies ont clairement vocation à mettre l'auditeur dans les conditions optimales pour pénétrer dans l'univers du projet, quitte à le faire planer le plus possible et à laisser libre cours à son imagination pour le transporter où il le désire.


Bien que le projet prenne très vite une couleur RnB, Beamer et JMK$ réussissent malgré tout à kicker comme il le faut comme sur les premier et dernier morceaux de l'album. Fait très représentatif de la polyvalence des deux, et de leur capacité à s'adapter à tout type de prod.



Les références de JMK$ à l'appât du gain et sa volonté d'empiler liasses sur liasses sont bien évidemment présentes de multiples fois sur l'EP, comme à son habitude. Pas pour rien que son deuxième blaze est parlemoneystp...


Spend la monnaie, j'en fais jamais assez - JMK$, Candy Shop
J'veux du biff, et l'or, j'fais la diff', j'mets de l'ordre - JMK$, Intro (introduced by Caspi)

L'expérience auditive proposée sur Magic City est une réussite totale pour les deux artistes du Summum Klan. Crée dans un but bien précis, l'EP offre à celui qui l'écoute un voyage aux quatre coins d'une ville qui va le bercer, entre sexe et argent, grâce à des productions envoûtantes et des flows maîtrisés à la perfection, sans être sur un terrain où Beamer et JMK$ ont l'habitude de performer. Le fait d'avoir tenté quelque chose de différent est également très louable, et on ne peut que constater que cela a payé. En attendant, on l'espère, une deuxième partie, on vous invite à aller streamer le projet si ce n'est pas déjà fait.



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