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Review : Freeze Corleone // LMF

Updated: Mar 20

Ce vendredi 11 Septembre, Freeze Corleone a dévoilé son premier véritable album, intitulé LMF, pour La Menace Fantôme (une double référence, d'une part aux attentats, et d'autre part à Star Wars), l’un des albums les plus attendus de cette année.


En effet, l’artiste originaire de Dakar a considérablement gagné en exposition récemment, suite à ses nombreuses apparitions en feat remarquées (feats avec Slim C, RAS, Le Roi Heenok, Jolly, Worms T, Sazamyzy..) et à son excellent Projet Blue Beam sorti en 2018, une pièce marquante de sa discographie, qui marque un tournant pour lui artistiquement. Cette mixtape à l’esthétique sombre et glaciale démontrait l’alchimie si efficace et addictive entre les prods du Flem (beatmaker proche du 667) et la technique de celui qu’on appelle aussi Professeur Chen. LMF est d’ailleurs presque intégralement produit par Le Flem (on retrouve aussi Raash, Ocho, ou encore Freeze lui-même).



Les annonces de feats légendaires, qui paraissent improbables en 2020 sur une tracklist d’album (Alpha 5.20, Despo Rutti, Le Roi...), et de la collaboration avec le fin technicien Alpha Wann, ont elles aussi généré beaucoup d’engouement et de réactions sur les réseaux sociaux.


Première chose à noter, LMF est un album rappé du début à la fin, et il n’y a aucune retenue en termes de thèmes abordés ou de provocation pouvant mener à la polémique. C’est donc un projet sans concessions fidèle à l’identité de Freeze Corleone, quand bien même son public s’élargit fortement. De plus, le Chen demeure fidèle à ses origines et à ses influences : L’importance des origines sénégalaises de l’artiste est flagrante à travers le projet, que ce soit à travers l’heure de sortie calée sur le fuseau horaire de Dakar Ou encore les nombreuses références faites au pays dans lequel l’artiste a en partie grandi et où a pris place la genèse de sa carrière (premiers freestyles, rencontres avec les membres-à-devenir de 667…), ainsi qu’une réelle volonté d’y tirer le meilleur de sa réussite, élément déjà présent dans PBB.


« Bientôt dans la Rolls comme un riche blanc au pays ».

Enfin, malgré son succès grandissant et la possibilité évidente de prendre la voie de la facilité avec, par exemple, des thèmes “lissés” ou des invités plus stratégiques en termes de ventes, il y a un véritable choix de demeurer authentique et “vrai” ; tous les featurings sont soit issus de son entourage musical proche (667, Lyonzon et proches), soit issus des influences directes de Freeze Corleone, citées à plusieurs reprises dans sa discographie. Ce choix est à double tranchant : d’une part, on obtient un premier album à la symbolique extrêmement forte qui fédère les auditeurs les plus avertis tout en rendant hommage à ses sources d’inspiration, mais d’une autre part cela provoque une incompréhension du public plus large, qui, paradoxalement, est extrêmement fidèle à l’artiste mais qui semble parfois passer à côté des messages plus abstrus de celui-ci.



Dès l'intro, Freeze Raël, le ton est donné. On retrouve sur ce morceau une prod épique aux accents drill signée Flem, qui colle parfaitement à l'égotrip de l'artiste italo-sénégalais. Les basses saturées de la prod, et sa mélodie envoûtante au piano collent parfaitement aux paroles de Freeze, qui rappelle sa supériorité dans le paysage rap actuel. Sur Hors-Ligne, Freeze signe un banger efficace. La production entêtante, aux sonorités métalliques, est signée Seezy. Le Chen excelle toujours autant dans l'exercice de l'égotrip, en utilisant des comparaisons qui viennent particulièrement bien appuyer ses propos, et qui font souvent allusion à certaines de ses phases passées.

"J'mixe le lin dans l'Fanta shokata, pas d'concu, c'est désert comme au Qatar"

"J'regarde la concurrence, c'est comme le désert de Mojave, lin rose comme un verre de goyave" - Purification

Scellé 2, l'un des extraits envoyés pour teaser l'album, donne suite au premier feat entre Freeze et le lyonnais Ashe du groupe Lyonzon. Les deux rappeurs évoquent leur supériorité et leur singularité dans la scène rap actuelle. Ils lâchent chacun un couplet egotrip puissant et agressif, de mise avec l’ambiance froide créée par Flem.


"Drill, tous les rappeurs veulent s'y mettre, ma kichta fait trente centimètres// sur l'rrain-té, sa mère la pute, j'suis en attaque, vas-y, envoie l'six mètres"

Tarkov, dont un extrait avait été dévoilé quelques mois plus tôt, est produit par Raaash (qui a notamment travaillé avec Gouap sur la série de tapes Maquina) et Amine Farsi. Les deux producteurs livrent ici une prod sombre et opressante, vraiment cohérente avec les propos du Chen. C'est à l'écoute de ce type de morceau que l'on prend conscience de la montée en puissance de Freeze, tant dans la technique que dans l'attitude, l'artiste est incontestablement l’ un des meilleurs actuellement. A travers ses références nombreuses aux jeux-vidéo, aux drogues, aux faits historiques, aux théories complotistes, au rap, au foot et au basket, ou encore aux mangas, il se différencie, et crée toute une esthétique intriguante et codifiée qui lui est propre. Sur Tarkov, Freeze s'imagine dans le célèbre FPS au gameplay particulièrement réaliste Escape from Tarkov, dont le but est de s'échapper de la zone Tarkov, dont la frontière est bouclée, tout en ayant le maximum d'équipement possible. Il francise l'expression "secure the bag" pour montrer qu'il fait tout pour préserver sa richesse, tout en évitant ses opps. C'est une expression fréquente chez Freeze Corleone, qui fait valoir sa détermination, et qui revient notamment sur Desiigner et sur Dans les Buissons.


"H-24, j'sécurise le sac, pour sortir, faut qu'j'dépressurise le sas"

"J'suis là pour les sous, à propos des chiffres, s/o Andreï Markov/j'sécurise le sac comme si j'suis entrain d'm'échapper d'Tarkov"

On retrouve d'ailleurs sur l'album d'autres références à des jeux-vidéo, notamment Contra et Dofus, qui viennent à chaque fois imager ses propos et appuyer son egotrip.


"100k sans contrat, mitraille les prod comme dans Contra" - Desiigner

"Le lin est rose comme le gelano" - Freeze Raël

Aucune référence n'est choisie au hasard, ici Contra est choisi pour son atmosphère sombre et hostile (à l'image des productions découpées par le Chen), et le lin qu'il boit est comparé au Gelano (réference au jeu-vidéo Dofus) pour sa couleur particulièrement proche du mélange Sprite Padéryl apprécié par Freeze. On peut aussi imaginer que Freeze image par là le fait que le lin lui permet de grail la concurrence comme des entrecôtes en décuplant ses capacités à la façon du gelano. Rap catéchisme était sans aucun doute l'un des feats les plus attendus sur cette album. Dévoilé quelques mois plus tôt par l'intermédiaire d'un tweet d'Alpha Wann, on y entend les deux rappeurs démontrer leur technicité avec toujours autant de facilité.

Le passe passe entre les deux artistes est sans doute l'un des plus impressionants de ces dernières années, les fulgurances s'enchainent, à l'image du titre du morceau, qui fait référence au sens du mot "catéchisme" qui désigne l'enseignement de la foi et des morales chrétiennes. Freeze et Alpha Wann, eux, font dans l'enseignement de la technique, et l’artiste dakarois honore son A.K.A "Professeur Chen". Le morceau s'illustre comme l'un des plus efficaces du projet, aucun refrain, uniquement de la découpe sur une prod obscure aux basses puissantes.


"J'suis dans l'enseignement, t'es dans l'renseignement, dur dans la découpe et dans l'saignement"

"Alpha Wann, Freeze Corleone, sur la prod, rap catéchisme"

D’ailleurs, à l’instar de ses projets précédents, les références à des rappeurs dans son écriture sont nombreuses, souvent par le biais d’un S/o comme à son habitude (Lil B, Pop Smoke, NLE Choppa, Nipsey Hussle, D-Block Europe, Mac Tyer, Oxmo Puccino, Kaki Santana, Osirus Jack...). Dans Stretch 4, la prod aux sonorités métalliques signée Congobill 667 ainsi que la voix résonnante du rappeur pendant le refrain constituent la recette d’un des tracks les plus envoûtant de l’album. Freeze y exprime son indépendance et sa marginalité quant à sa progression unique vers la réussite dans le rap tout en étant sous l’influences de différentes drogues, sans oublier les classiques références à la pop culture, comme le célèbre jeu de basket 2K qui a donné son nom au morceau.


“6.6.7, self-made, on va l’faire avec ou sans label // Loud pack, Cali, génétique cultivée dans la baie// Euphon, phéner, n**** j’plane comme si j’ai un jet pack”

A ma première écoute de l'album, Big Pharma s'est immédiatement démarqué du reste. Freeze atteint un niveau stratosphérique, son écriture est particulièrement imagée sur ce morceau. Le titre du morceau est un therme complotiste employé pour désigner le lobby pharmaceutique, plus ou moins honnête dans ses activités afin de satisfaire ses besoins financiers, et particulièrement exposé suite à la crise des opioïdes aux États-Unis déclenchée par l'industrie pharmaceutique Purdue Pharma. Si certains lui reprochent d'être redondant dans ses thèmes d'écriture, il faut reconnaitre que les références de Freeze sont indissociables de sa musique, et qu'il arrive toujours a se renouveller dans ses références, on ne retrouve jamais la même homophonie deux foi, on est surpris à chaque mesure. Logo Audi, la première collaboration entre Freeze et Despo, l'auteur des classiques Les Sirènes du Charbon et Convictions suicidaires, a suscité un réel engouement depuis que la photo des deux artistes en studio a été dévoilée sur les réseaux. On imagine que ce feat compte beaucoup aux yeux de Freeze, pour qui Despo Rutti est une grande influence (dans l'écriture en particulier), il l'avait notamment s/o sur LRH ("Killu à vie comme Majster") et sur Anarchie ("Killuminati comme Despo"). Despo lâche un couplet surprenant au flow nonchalant, qui contraste bien avec le couplet plus énergique de Freeze Corleone, et il reste fidèle à ses paroles très imagées et contestataires. Les 2 triples OG arrivent soudés comme la marque aux quatre anneaux. Sur Moncler, Freeze connecte pour la première fois avec La F, rappeur lyonnais, qui a su se réaproprier les codes de la drill uk, notamment sur son très bon projet The No Face, et qui s'est imposé comme l'une des figures majeures du genre en France. La F découpe la prod drill du Flem avec une précision chirurgicale. Le titre du morceau fait référence à la qualité des produits Moncler, marque italienne de doudounes haut-de-gamme, déjà mentionnée par Freeze sur Drill fr 4.

"Moncler, allemand, mentalité, allemande"

La "mentalité allemande" illustre son ambition et sa détermination. Par ailleurs, ses références aux produits luxueux allemands sont très fréquentes, comme c'était déjà le cas sur ses précédents morceaux.


"Tout est allemand comme des Opel" - Pakistan

Sur R.I.P. Pop Smoke, on retrouve les paroles du freestyle Welcome to The Party (décliné en remix sur le projet REP Pop Smoke de Kaki Santana), sur une prod beaucoup moins agressive, plus espacée, sans drums drill, qui vient appuyer le propos de Freeze. L'art de la guerre s'imbrique parfaitement à la suite de R.I.P Pop Smoke, l'ambiance est relativement similaire, mais la prod est beaucoup plus agressive sur ce morceau où l'on retrouve Black Jack, membre du 667, et ex-membre du trio Black Pyramid Klan (Osirus Jack, Black Jack & Kaki Santana). Les deux artistes reviennent sur leurs activités illicites, et font le parallèle avec l'art de la guerre, un traité écrit par le général chinois Sun Tzu, connu pour son intelligence et sa sagesse. Les deux artistes livrent chacun un couplet puissant en parfaite harmonie avec les drums puissantes de la prod.


"L'art de la guerre, c'est c'qu'on applique dans la ville/soldat posté dans l'bât, assume la journée, ton collègue fera la nuit"

Le morceau suivant, Numérologie, porte parfaitement son nom : l’exercice de numérologie, ou plus simplement d’étude des nombres, auquel se livrent Freeze Corleone et Stavo (du collectif 13 Block) représente le pont parfait entre les univers des deux artistes, qui apprécient tous deux la symbolique véhiculée par les nombres, renvoyant tantôt à de l’ésotérisme et tantôt au développement d’un propos parfaitement imagé. On retrouve ainsi des nombres dans la totalité des phases de ce banger rendu extrêmement efficace par le jeu de passe-passe des deux découpeurs de prod.


“Formation 4-4-2, le gardien garde la beuh// Formation 3-5-2 (han), ça marche pas passe en 4-5-1 (ah bon ? Ekip) // OBS, gang shit, Dakar Blood comme Alpha 5.20"

Freeze multiplie d'ailleurs les références aux produits luxueux allemands, réputés pour leur qualité, tout au long du projet.


"Négro, faut les dineros et les platas/des GLE pour les tontons et tatas" - Chen Laden

"À Dakar grand teh dans les MLE" - Dans les buissons

"Bientôt GLE, AMG" - Hors Ligne

Dans les buissons, seconde collaboration entre Freeze et Le Roi Heenok, reste fidèle à l'univers des deux artistes, sombre et provoquant, et teinté de références aux théories conspirationnistes. Osirus Jack vient lacher un excellent couplet, tout en egotrip, à la hauteur de ses précédents feats avec Freeze (Mach 6, Zone VI, Charlie, Lampadaire, sacrifice de poulets pt.2, ou encore les Sacrifice de masse 1 et 2) et de ce qu'il a pu faire sur Nibiru.


"Réécoute Nibiru, j'ai tout dit/arrose la concu' comme des putes, on n'est plus des rookies"

Ce morceau reflète particulièrement bien l'esthétique développée par Freeze sur ses derniers projets, que ce soit pour les thèmes conspirationnistes et les références à l'ésotérisme dans l'écriture, comme pour la production menaçante.


"Pour épargner sa vie, comme ils l'ont fait à Prodigy, 2Pac, Biggy"

Desiigner, premier extrait de LMF, dévoilé sur la chaîne Youtube de Colors (réputés pour inviter des artistes interpréter un de leurs morceaux), annonçait la couleur obscure du projet. Le titre du son fait référence au rappeur Desiigner. Freeze fait donc le parallèle entre la carrière de courte durée du rappeur américain, et la carrière de certains rappeurs actuels. Le Chen fait valoir par là son intention de durer dans le temps, à l'inverse des artistes qui percent grâce à un titre sans savoir confirmer derrière. Les fulgurances s'enchainent à un rythme frénétique, et les MC finissent naturellement dans le cendrier, calcinés par les couplets du Chen.


"Ils prennent les décisions pendant qu'ils sont en train d'faire du golf/seul contre eux comme Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe"

Quand on sait que Freeze est managé depuis quelques années par Shone, ex membre du groupe Holocost (K.E.R et Shone), et du collectif GFG (pour Ghetto Fabolous Gang) avec Alpha 5.20 entre autres, on n'est pas étonné de le retrouver découper à leurs côtés sur "PDM" (pour peine de mort). Alpha 5.20 délivre le couplet qu'il avait initialement écrit pour "Crépuscule des empires", son morceau avec Sofiane sur la compil 93 Empire. L'écriture d'Alpha 5.20 est très imagée sur ce morceau très engagé, aux références historiques et religieuses nombreuses, et aux phrases qui vont souvent à l’encontre même du politiquement correct (les phrases interdites et mots illicites comme Freeze le résume si bien dans Big Pharma ). L'outro Chen Laden, produite par lui-même (sous son blaze de beatmaker : M.o.i) et le Flem, clôt l'labum sur un banger puissant à l'esthétique sombre, et au titre provocateur. Déterminé comme Adolf dans les années 30, Freeze fait une fois de plus valoir son avidité de richesse, son désir de mettre bien son entourage


"Y a qu'vers les dos qu'j'suis axé/à la fin du plan, toute l'équipe est rackssée"

Et reste particulièrement créatif et imagé dans ses phases d'égotrip;


"devant l'mic' comme si j'étais 400/j'fais l'travail proprement/j'mets la bâche, j'tue la prod et j'vérifie qu'j'laisse pas d'sang"

En ce qui concerne l’esthétique générale du projet, on remarque une grande cohérence au fil des tracks, même si l’on peut avoir relativement beaucoup de similitudes entre les différents morceaux : on ne les discerne pas parfaitement les uns des autres aux premières écoutes. LMF peut sans aucun doute être considéré comme s’inscrivant dans la continuité des précédents projets de Freeze Corleone ; on y retrouve son identité artistique telle qu’on l’attendait. Avec cet album, le rappeur continue d’exploiter les domaines dans lesquels il excelle : flows tranchants, structure de textes et de rimes d’une technicité irréprochable ainsi que l’utilisation récurrente d’outils d’écriture comme la comparaison ou les images s’appuyant sur des références larges, rendant son propos extrêmement imagé (le revers de la médaille étant des textes cryptiques rendant l’interprétation difficile pour le public n’ayant pas la volonté de creuser chacune des rimes et références afin d’en extraire le sens « profond »)


"Goddamn quand j’écris j’vois des images comme si j’suis fons’ au LSD"

Un autre point notable sur l’ensemble de l’album est la qualité remarquable des productions, du mix et du mastering (s/o le Flem). Cela constitue d’ailleurs une des majeures évolutions en comparaison au précédent projet de Chen Zen, Projet Blue Beam. On compte également un bon nombre de prods drill ou en tout cas largement inspiré du genre se démocratisant peu à peu en France ces derniers mois, toutefois de manière reprise et adaptée à l’univers de l’artiste. On remarque toutefois à chaud beaucoup de ressemblance entre les différentes instrumentales du projet. La combinaison des performances du Prof Chen avec les prods n’en demeure pas moins efficace, et le résultat est un projet extrêmement addictif.



En conclusion, La Menace Fantôme sera sans aucun doute l’un des projets les plus clés du paysage rap de l’année 2020. En effet, l’album parvient à concilier une forte rupture avec le reste de la scène rap FR actuelle tout en réalisant des chiffres dignes d’un projet “mainstream”, et cela sans promotion classique et sans conformation à un public large. LMF remplit aussi pleinement les attentes que l’on pourrait avoir d’un premier album studio : un artiste montrant une maitrise millimétrée de son style ainsi que dévoilant à l’auditoire qui le découvre son identité, que ce soit à travers les featurings, choisis et exécutés avec grande maitrise, ou les thèmes abordés. On a ainsi des éléments qui donnent tout à LMF pour devenir un projet dont la sortie perdurera en tant que moment charnière du rap français, chose qui devrait se préciser lorsque l’on bénéficiera d’un plus grand recul. Note : ⭐⭐⭐⭐

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