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Focus Artiste : White John

Updated: Mar 20

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Originaire de Inglewood, au Sud Ouest de Los Angeles, White John, A.K.A The White Gurb, A.K.A Mr. Fuck L.A.P.D, commence à se bâtir une sérieuse réputation au sein de la scène locale depuis 2019 (une scène en pleine effervescence depuis cinq bonnes années, notamment à travers des figures telles que Drakeo et son crew Stinc Team, 03 Greedo, ou encore le groupe Shoreline Mafia pour ne citer qu'eux), que ce soit à travers sa facilité à enchaîner les bangers puissants et accrocheurs, ou bien ses nombreuses collaborations avec des artistes exclusivement issus de la scène locale, à l'image de Yung Weej, BigRally, Bravo The Bagchaser (sur l'excellent album de ce dernier "Born 2 Win"), ou encore Rucci, autant de jeunes talents prometteurs qui articulent le renouveau de cette scène, plus ou moins introduite par les productions de DJ Mustard, et aujourd'hui orchestré d'une main de maîtres par des producteurs à l'image de RonRon, JoogSZN, ou encore AceTheFace.


Auteur d'une très bonne mixtape intitulée "Cases Pending" sortie l'année dernière, le natif d'Inglewood a marqué son retour en ce début d'année avec un nouveau projet baptisé "Cases Still Pending", venant une fois de plus faire référence à ses multiples démêlés judiciaires passés, notamment du fait qu'il soit rattaché au set des Inglewood Families. C'est pour nous l'occasion de revenir brièvement sur son parcours, de ses premiers sons postés sur SoundCloud, à son dernier jet, un EP prometteur qui confirme les espoirs placés en lui suite à la série de bangers sortis en 2019 et en 2020.


C'est sur la plateforme au nuage que l'artiste fait ses premiers pas, avec le morceau "Out On Bail" (nettement plus sombre et lyrical que les bangers qui vont suivre), suivi d'une apparition sur le morceau "Slidin" de Yung Weej, et de son premier gros succès : "ShowTime"

En Août 2019, il sort le visuel de ShowTime. Il s'agit alors de son premier clip, un véritable succès qui totalise aujourd'hui plus de 300.000 vues. White John arrive à nous accrocher dès les premières mesures à travers son flow nonchalant et volontairement en décalage avec le beat, ainsi qu'avec la gravité de son ton de voix, qui vient appuyer son egotrip de mise avec la production énergique et envoûtante signée 420 Tiesto (un producteur avec lequel il a l'habitude de travailler, et que l'on retrouve à nouveau sur son dernier projet).


"Way before this rap shit they wanna be me"


Dans les mois qui suivent, il réalise un gros buzz avec la sortie de "Road Runnin", son troisième son solo posté sur son SoundCloud.

Dans la même lignée que ses premiers morceaux courts et efficaces, Road Runnin captive dès les premières écoutes grâce à sa production mélodieuse, où des basses puissantes couplées à quelques notes de synthé viennent dresser cette atmosphère si caractéristique de la scène actuelle de Los Angeles.


Fort du succès de ces bangers efficaces et maitrisés, White John sort en février 2020 "Cases Pending", son premier projet dont nous avons connaissance. L'album est un enchaînement de banger fidèles à ses premiers jets sur SoundCloud, on y retrouve naturellement Road Runnin, ainsi que des collaborations intéressantes avec Fenix Flexin sur "Whole Things", et Rucci sur "ROTY". L'éclectisme des productions, la présence de bangers déjà connus du grand public et les feats pour le moins cohérents en font un projet accessible et efficace, à même de plaire à tous ceux qui se prennent de plein fouet la nouvelle scène de L.A.

On y retient notamment le très catchy "Crazy" où il se permet de chanter sur le refrain, l'agressif "40 in the MCM", ou encore le surprenant "Whisper" où ses flows murmurés contrastent bien avec la nervosité de la production. L'outro nettement plus éthérée conclue le projet sur des notes mélancoliques qui se mêlent à perfection avec son ton plus intimiste, mais toujours teinté d'un egotrip insolent et incisif qui semble indissociable du personnage.

Dans les semaines qui suivent la sortie du projet, White John envoie les visuels de Whole Things et de Crazy respectivement sur les chaînes YouTube de No Jumper et WorldStarHipHop, des clips qui totalisent chacun plus de 200.000 vues, un bel accomplissement pour un artiste avec si peu de morceaux à son actif.



A la suite de cet excellent projet, White John multiplie les apparitions remarquées aux côtés de rappeurs locaux, notamment sur "No Hook" aux côtés de Rally B et Lil Duece, et sur "Austin Powers" de Lil Duece en feat avec BandGang Lonnie Bands.

Par ailleurs, on le retrouve sur la compilation de son label/crew Mackk & Compagny "Mackk & Co" sortie à l'été 2020, ainsi que sur le single "Mackk&Co Halloween" sorti à l'ocassion de la fête.


Mackk&Co et ses artistes, de gauche à droite : Rucci, Lotto Rocket, Lil Duece, Mister, Bossmann et Ride4Blackk


Toutes ces apparitions de White John n'ont fait qu'augmenter l'attente autour de ce second projet, encore plus court que le premier puisqu'on y retrouve seulement 6 morceaux pour 14 minutes de musique.


Côté production, on y retrouve AceTheFace (placements pour 03Greedo, AFN Peso, Ralfy the Plug, Shoreline Mafia, ManMan Savage...), Beat Boy (03Greedo, Shoreline Mafia, Drakeo, Maxo Kream, Earl Sweatshirt...), Foth Dimen (notamment derrière l’énorme Let Me Know de Mac P Dawg X Ohgeesy), 420 Tiesto (Rucci, Father du crew Awful Records, Atl Smook, AzChike...), et Fortwoe, des producteurs avec lesquels l'artiste a déjà travaillé par le passé pour la plupart, et qui sont parmi les plus à même de dresser cette atmosphère West Coast à la fois énergique et festive si particulière, empruntant majoritairement ses influences aux sonorités de Détroit et d'Oakland.


De gauche à droite : AceTheFace, Beat Boy, Foth Dimen, 420Tiesto et Fortwoe


Le projet s’ouvre sur "By Myself", un banger à la fois énergique et festif, dans lequel le natif d’Inglewood revient sur ses accomplissements et sa détermination à toute épreuve, un banger idéal pour introduire un EP à même de tourner dans les strip clubs les plus enfumés de L.A. Par ailleurs, le morceau s'introduit sur une line en hommage à Awfo, un proche de Shoreline Mafia décédé l'année dernière.


S’ensuit Dead Homies, un morceau nettement plus calme et froid, où l'agressivité du flow d'OMB Peezy s'allie parfaitement au delivery désarticulé et nonchalant de White John. Le morceau a d'ailleurs été clippé récemment.



La production vaporeuse et mélancolique de I Need Drugs contraste bien avec le début de la tape, et colle parfaitement au thème abordé, la consommation de drogue de notre artiste venue apaiser ses peines, et lui insuffler l’inspiration nécessaire pour sa musique, empreinte de cette mélancolie récurrente dans ses paroles. Le sample de "I Need Love" de LL Cool J est d'une justesse parfaite avec les propos de l'artiste, et confère un côté nostalgique au morceau, un registre jusque là peu expérimenté par l'artiste, mais parfaitement maitrisé sans que cela tombe dans une posture de "fausse dépression" venue appuyer la mélancolie qui ressort de ses lyrics.


No Phones et Switch On Me contrebalancent bien, avec leurs productions nettement plus agressives et festives, un équilibre parfaitement jaugé par le travail des producteurs, et qui s'inscrit dans la ligne de conduite de ses premiers morceaux postés sur SoundCloud, des bangers bien bouncy dominés par des basses puissantes couplées à des notes de synthé aiguës qui sonnent comme apocalyptiques. L’egotrip prédomine sur ces morceaux où White John clame son intégrité, notamment sur le refrain particulièrement réussi de Switch On Me.


Sur Thug Life, 420 Tiesto signe une production embrumée qui vient conférer un certain poids aux propos de White John, accompagné de Rucci et Big Sad 1900, qui relatent leur quotidien dans la street et les peines qui en découlent. Le morceau conclue ainsi l'EP sur une note plus introspective, à l'instar de son premier projet.



Du fait de la pluralité de beatmakers talentueux auxquels il fait appel sur Cases Still Pending, White John signe un second projet bien équilibré, dominé par les bangers à mi chemin entre les sonorités de Detroit et de la Bay Area (à l'image de ceux qui ont bâti son succès entre 2019 et 2020), un EP prometteur pour le jeune talent en provenance d’Inglewood. D'ores et déjà auteur d'un bon nombre de bangers qui ont connu un grand succès localement, ainsi que de deux projets efficaces et cohérents, il devrait rapidement connaitre un succès d'envergure internationale s'il continue sur la même productivité tout en multipliant les apparitions en feats, tout en sachant qu'il est épaulé par le label Mackk & Company sur lequel sont également signés des valeurs montantes de cette scène de L.A à l'image de Rucci ou Lil Duece. Un talent de plus en provenance de L.A à surveiller de très près.



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